mardi 27 février 2018

ON NE PEUT PLUS


Monsieur le Président,
Je vous fais une lettre,
Que vous lirez peut-être,
Si vous avez le temps.
Je viens de recevoir,
Vos papiers budgétaires,
Pleins de taxations amères,
Payables avant mercredi soir.
Monsieur le Président,
Je ne peux pas m'y faire,
Je ne suis pas sur terre,
Pour vous filer tout mon argent.
Je ne cherche pas à vous fâcher,
Mais Il faut que je vous dise,
Ma décision est prise,
Je ne vais pas payer.
Depuis que je suis né,
J´ai vu vous et vos paires,
Pour être plus populaires,
Toujours plus dépenser.
Les mairies ont tant recrutés
Que forcément ça plombe,
Et sur qui est ce que ça tombe?
Sur ceux qui ont travailler.
Pendant de nombreuses années,
J'ai œuvrer comme un âne,
Construit un patrimoine,
Que vous venez me piquer,
Déjà tous ceux qui sont partis,
Méritaient pas notre confiance,
J'aurais dû aussi quitter la France,
Comme l'ont fait tous vos amis.
Demain tôt le matin,
Je sillonnerai la France,
De Quimper à Valence
Et je dirai aux gens.
Refusez de bosser,
N'allez pas pour gagner,
L'argent que l'état vampire,
Dépense sans un soupir.
Maintenant on dit assez,
Puisqu'il vous faut taxer,
Aller taxer les vôtres,
Qui jouent les bons apôtres,
Et n'ont jamais rien corrigé.
A tous vos employés,
Qui jouent à nos gendarmes,
Dites leur que ce n'est pas un drame,
Mais qu'on ne peut plus les payer.
Texte humoristique d'après la chanson de Boris Vian, «le déserteur»
Claude Lepenseur octobre 2010


dimanche 25 février 2018

LA RUMEUR

Un petit bruit insignifiant,
Un mot, une phrase, pas important,
C’est parti, le mal est fait,
Elle arrive dans les quartiers,
Les villes, les villages,
Rien ne lui fait barrage.
Jusque dans les hameaux,
Les campagnes, près des roseaux.
Elle traverse les rues,
Comme venue des nues,
Les places et les prés,
Rien ne stoppe son progrès.
Force les portes des logis,
S’insinue au creux des lits
S'invite chez les insolents
Et bouscule les indolents,
Elle laisse souvent derrière elle
Tout ce qui devrait être poubelle,
Elle ne prend pas de gants,
Et fait un ou deux gisants,
Tombés au champ du déshonneur,
Fauchés par les mots. Horreur,
Rien ni personne, même sans peur,
Rien ni personne. N'arrête la rumeur
Claude Lepenseur février 2013

jeudi 22 février 2018

LES BEAUX HOMMES

Pendant qu'un mal hideux sur nos langues, pavoise,
Et que nous arborons fièrement les haillons du néant,
Avec l'éphémère à la bouche et la lèvre sournoise,
Nous sommes veules comme des pleurs mangés par l'océan.
Pendant que, sans connaître le répit, notre bile malsaine,
Traîne, infâme et nauséabonde, telle une âme d'urinoir,
Emporté par la colère, rendu idiots jusqu'à l'obscène,
Nous ne cesserons donc jamais de vomir le sang noir.
Alors que sous l'œil froid des aveugles machines,
Occupé à notre labeur insane et belliqueux,
Avec indignité, nous ployons nos échines
En salissant les murs de mensonges visqueux ;
Pendant aussi que, monstrueux ou presque,
Ignobles dans ce siècle affalé dans notre pus,
Le rire chevauchant notre ambition grotesque,
Et le ventre agité par nos égoïsmes repus.
Oui, pendant que l'orgueil enflé par la sottise,
L'esprit dégoulinant jusqu'au fond des trottoirs,
Méchants à rendre folle une terre promise,
Consternants à changer les saints en dépotoirs.
Pendant que nos nez mous aux rictus affairistes
Hument, soir et matin, le fumet du magot,
Que déjà bouffis d'or dans des poulaillers tristes,
Nous allons caquetant pour soigner notre ego.
C'est mon cœur entier que ce tableau fouette,
Au fracas de nos cris, aux coups de nos jeux bas,
A la fureur desquels l'existence reste muette,
Se blessant chaque jour de ces stériles combats.
Sur moi roulent et les loups et les fauves,
Enragés à ma perte, éblouis par ma peur,
Et je tremble aux périls des solitudes fauves,
Dont l'image sanglote avec fièvre et stupeur.
Nous avons pourtant le monde à nos fenêtres,
Et l'espace nous comble du rire et de l'éveil,
L'azur amoncelle ces étoiles champêtres,
Avec les ravissements de la houle et du soleil.
Nous pourrions du moins vivre en beaux hommes,
Nos destins méconnus sont si vite clairsemés.
Un regard nous ferait meilleurs que nous ne sommes,
Si nous voulions être ceux que le bien peut aimer.
Redevenons, malgré tant d'aubes grises,
L'adorable angelot qui, dans son berceau clair,
De ses doigts potelés sème des fleurs exquises,
En souriant aux mots éparpillés dans l'air.
D’après un texte de Thierry CABOT " La Blessure des Mots "

mardi 20 février 2018

MON CORPS MON AMI

C'est à toi que je veux dire aujourd'hui,
Merci d'avoir accompagné ma vie,
Je n'ai pas toujours pris soin de toi,
Tu es pourtant unique, et tu es moi.

J’ai abusé de toi, je t’ai même trahi,
Au long de mes jours, au long de ma vie,
Au mi-temps de ma vie, de douleurs perclus,
Je suis face au miroir et j’en suis ému.
C’est dans l’harmonie qu’est notre avenir,
Rides et cicatrices étant nos souvenirs,
Alors mon corps, j’ai appris à t’aimer,
En prenant soin de toi, je vais te respecter.

Bonjour mon corps, ami dont je suis fier,
Je vais écrire pour toi, ça je peux le faire,
Dire aux jeunes gens, prenez soin de votre corps,
Votre meilleur allié, pour affronter le sort.
D'après un texte de Jacques Salomé

samedi 17 février 2018

MON AMITIÉ

Mon amitié est ce sentiment discret,
Que pour toi je ne garde pas secret.
Mon amitié est un sentiment profond,
Qu’avec joie, je t’offre comme un don.
Avec toi, je sais écouter en silence,
Prendre tes plaintes avec indulgence,
Et ma main est toujours tendue,
Pour t’aider lorsque tu es perdu.
Mon amitié n'est jamais obligée,
Mon amitié elle n'est pas forcée,
Mon amitié, c'est toujours m'engager,
Et surtout ne pas hésiter de m'impliquer,
Pour t'aider dans tes moments difficiles,
Te soutenir chaque fois que tu deviens fragile.
Claude Lepenseur janvier 2009

jeudi 15 février 2018

JE DE MOTS



Lorsque je suis avec elle c’est la folie de mes sens, ciel,
Elle joue de son charme, et pour moi c’est l’essentiel,
Quand je pense à elle, j’ai le cœur en émoi et les sens,
Qui brûlent d’amour, car de ma vie elle est l’essence,
Je parle avec des mots inconnus et je cherche des sens,
Aux phrases que je dis pour garder la décence.
Il nous arrive souvent de jouer avec les mots, tôt,
En espérant pour nous la rencontre des maux tard,
Elle suit la publication de mes rimes de douceur,
Pour elle cela devient l’instant de la douce heure.
Chaque jour qui passe est une perle de rose est,
Colore son doux visage comme une perle de rosée,
Elle adore regarder tous les écrits désirés,
Sachant qu’entre chaque mot, le désir est.
Je suis très fier de dire princesse tu es ma muse,
Ta tendresse, ton humeur, ma belle tu m’amuses,
Dans l’amour, le respect, nos esprits se mélangent,
Princesse tu n’es plus la femme, mais l’ange.
Cet article aurait pu venir d’un inconnu,
Pour toi ma belle il est d’un nain connu.
Claude Lepenseur octobre 2014

mardi 13 février 2018

AMI LECTEUR


Fidèle ami lecteur, suivant un vieil usage,
Je viens te dire bonjour dès la première page.
Ma prose quelquefois, se finit moins gaiement,
Ce siècle en est la cause, il est plein de tourments.
On n’a plus de plaisirs, les mœurs sont d'un autre âge,
Il faut le reconnaître, nous ne sommes pas très sages.
Ceux qui nous gouvernent, nous regardent triomphants,
Une fois dans leur fauteuil, ils nous traitent en enfants.
La politique toujours, fut cause de notre misère,
Certains de mes amis me conseillent d'en faire.
Être d’un parti, tourner sa veste, pour moi c’est non,
Je refuse de vivre, au rythme des trahisons.
Je veux, quand on m'a lu, qu'on puisse me relire,
Et qu’on ne dise jamais, de tous il fut le pire.
Claude Lepenseur novembre 2012

vendredi 9 février 2018

CE QUE JE VEUX SAVOIR


Peu importe comment tu gagnes ta vie. Ce que je veux savoir, c’est l’objet de ce désir qui brûle en toi, ce que je veux savoir, c’est si tu oses rêver de réaliser le désir de ton cœur.
Peu importe l’âge que tu as. Je veux savoir si tu es prêt à risquer de passer pour un fou, au nom de l’amour, au nom de tes rêves, au nom de la simple aventure d’être vivant.
Peu m’importe quelles planètes sont en conjonction avec ta lune. Je veux savoir si tu as touché le centre de ta tristesse, si tu t’es ouvert aux trahisons de la vie ou si tu t’es ratatiné, refermé de peur de ressentir une douleur de plus. Je veux savoir si tu peux t’asseoir avec la douleur, la mienne ou la tienne, et rester là sans bouger, sans essayer de la cacher, de l’éviter ou de la travestir. Je veux savoir si tu peux être un avec la joie, la mienne ou la tienne, si tu peux danser sauvagement, laisser l’extase te remplir jusqu’au bout des doigts et des orteils sans nous prévenir constamment de faire attention, d’être réaliste sans nous rappeler à chaque seconde que l’être humain a des limites dont on doit tenir compte.
Peu importe que l’histoire que tu racontes soit vraie ou fausse. Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu’un pour rester fidèle à toi-même, si tu peux supporter d’être accusé de trahison pour ne pas trahir ton âme, si tu peux être sans foi et cependant digne de confiance. Je veux savoir si tu peux continuer de voir la beauté même quand ce n’est pas très joli au jour le jour et si tu as choisi de nourrir ta vie à cette source. Je veux savoir si tu peux vivre avec l’échec, le tien comme le mien, te tenir néanmoins au bord du lac et crier Oui, à la pleine lune argentée.
Peu importe où tu habites, combien d’argent tu as. Je veux savoir si tu peux te lever après une nuit de douleur et de désespoir, épuisé et meurtri, et faire ce qu’il faut pour les vivants.
Peu importe qui tu connais, par quel chemin tu es venu ici. Je veux savoir si tu te tiendras au centre du feu avec moi sans chercher à t’en aller ou à reculer.
Peu importe ce que tu as étudié, où, avec qui. Je veux savoir ce qui te porte et te soutient à l’intérieur quand tout le reste s’est évanoui. Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même et si tu aimes vraiment ta propre compagnie dans les moments de solitude.

D'après un texte de sagesse Amérindienne

mercredi 7 février 2018

QUAND NOUS SERONS VIEUX


Lorsque je serai vieux et que tu seras vieille,
Lorsque mes cheveux clairs seront devenus blancs,
Nous passerons plus de temps, à dorer au soleil,
Pour y réchauffer nos vieux membres tremblants.
Chaque jour qui passe, je t'aime davantage,
Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain,
Peu importe les rides qui naissent sur ton visage,
C’est le cri de l’amour qui illumine mon chemin.
Vivre près de toi, mettra mon cœur en fête,
Nous amusant comme de jeunes amoureux,
Tu souriras tout en bougeant la tête,
Eperdue d’amour pour ton adorable petit vieux.
Pense que tous les jours nos souvenirs s'entassent,
Mes souvenirs à moi deviennent aussi les tiens,
Et au fil du temps, toujours plus nous enlacent,
Sans cesse entre nous renforcent tous nos liens.
C'est vrai, nous serons vieux, et affaiblis par l'âge,
Mais plus fort chaque jour que je tiendrai ta main,
Car chaque jour qui passe, je t'aime davantage,
Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain.
Nous nous regarderons, assis sous la tonnelle,
Avec le cœur vibrant de nos anciens serments,
Lorsque je serais vieux et que tu seras vieille,
Que mes cheveux clairs, seront devenus blancs.

D'après le poème de Rosemonde GERARD

samedi 3 février 2018

VIOLENCES CONJUGALES


Mon propos aujourd’hui, sera au vitriol,
Trop de femmes ici-bas subissent des viols.
Pas le viol criminel, celui qui est illégal,
Mais le résultat dû, au devoir conjugal.
Épousée est asservie, après avoir aimé,
Mari tyran, il le lui avait bien caché.
L’amour devient vite un rapport forcé,
Et c’est bien pour cela qu’il l’a épousé.
La femme est son objet, c’est sa propriété,
Son plaisir personnel, c’est sa priorité.
Et si elle se rebiffe, et dit je ne veux pas,
La violence est un jeu même si il mène au trépas.
La loi les protège et leur donne tous les droits,
Même lorsqu’elle veut fuir, elle doit suivre sa voie.
Aucun droit pour elle, «demandez au mari,»
«Mais il va me frapper! Je vous l’ai déjà dit.»
Pas de démarches sans son consentement,
Pour toute démarche, il doit donner son agrément.
Et tous les rouages de notre belle société,
Se mettent en place pour la contrecarrer.

Claude Lepenseur juillet 2009