jeudi 21 septembre 2017

LES BLEUS DU CORPS


Elle vient de recevoir, une gifle dans la figure,
Puis un coup de poing, finit sur son visage,
Un bleu est apparu, quelques déchirures,
Dans des cris déchirants d'une nuit d’orage.

Il lui dit que tout ça, c'est fait pour son bien,
Il n’a pas d’autre choix, elle n’est pas assez sage,
Elle pleure sur son sort, verse tout son chagrin,
Elle souffre partout, elle n’a plus de courage.

Quand la main vient soudain claquer sur sa joue,
Ou avec violence empoigner ses cheveux,
Pour la contraindre, la faire tomber à genoux,
Elle serre les dents, pleure et ferme les yeux.

Il l’aime soumise, la prendre en la forçant,
Pour avoir la paix, elle ne résiste jamais,
Pourtant elle se souvient comment avant,
Il savait être doux quand il voulait l'aimer.

Il laisse sur sa peau les traces de ses colères,
Comme d’horribles tatouages sur son corps,
Qu’elle cache, car elle reste un peu fière,
Et lui chaque jour, tape toujours plus fort.

Entièrement soumise à son bon plaisir,
Tellement elle a peur de nouvelles représailles,
Elle ne sait plus quoi faire, plus quoi dire,
Elle aimerait tellement qu’un jour il s’en aille.

Elle se dit souvent qu’elle va bien s’en sortir,
Mais elle sait au fond d’elle que le jour viendra,
Où dans un dernier accès, un tout dernier délire,
Viendra le coup de trop, celui qui la tuera.

Il n’existe aucun milieu social ou la femme soit à l’abri des sauvages, et malgré les associations et les beaux discours, rien ne les protège.
Claude Lepenseur le 21 octobre 2012