samedi 24 juin 2017

TANT DE MATINS


Combien de matins, combien de semaines
Qui sont passés trop vite dans une course incertaine,
Pour un morne avenir qui ne nous a rien appris ?
Une vie sans demain, un passé qui s’enfui,
Tant d’amis disparus, dure et triste fortune,
Pour des joies éphémères, une nuit sans lune.
Combien de livres ouverts, sans écrire les pages ?
Sommes-nous devenus fous, un jour sera-t-on sage?
Quand l’amour nous sourit, et s’exprime sans un mot,
Nous lui fermons la porte, que nous sommes bien sots.
Nous pleurerons alors une solitude retrouvée,
Pour un chagrin d’amour que nous aurons évité.
Toi qui enfant pourtant, faisait beaucoup de rêves,
Tu désertes la vie, tu as mis ton cœur en grève,
A l’automne de ta vie, en illustre inconnu,
Tu ne te souviens plus de cette belle ingénue,
Qui souriait à la vie et éveillait ton cœur,
Promettait à l’avenir une toute autre saveur.
Combien de matins, combien de semaines,
Nous avons boudé, avec la même rengaine?
La solitude pèse, il nait des idées noires,
Nous sommes responsables de cette triste histoire,
Pour avoir refusé l’amour qui venait à nous,
Nous prions en pleurant, quand on est à genoux.

Claude Lepenseur mars 2011

jeudi 22 juin 2017

CHARITABLE


Au pied de cette statue où brûle une lumière,
Des âmes pieuses prient et se voilent la face,
Devant l'ange Gabriel que le diable menace,
Et sort victorieux de cette effroyable guerre.


Il arrive par l'aile gauche un drôle de margoulin,
Qui ose tendre la main en entrant dans la place,
Mais personne ne désire puiser dans sa besace,
Et offrir quelques pièces pour apaiser sa faim.


Un homme à la chasuble arrive sur les lieux,
Il voit d'un mauvais œil cet être misérable,
On ne peut accepter qu'un petit grain de sable,
Vienne troubler ainsi la maison du bon dieu.


C'est un enfant perdu qui vous a dit adieu,
Et dans votre prêche viennent de belles paroles,
Que les actes renient et ceci n'est pas drôle,
Dans la maison de dieu vous reniez vos vœux.

Claude Lepenseur 20 février 1973

mardi 20 juin 2017

RONDE


On a toujours quelque chose de trop,
On vous hait quand ce sont des kilos,
Tu es trop grosse, tu es trop forte,
Et une à une se ferment les portes,
On dit que tu manques de volonté,
De ne pas avoir ce corps décharné,
Ce corps qui trône dans les vitrines,
Et qui s'expose dans les magasines.
Trop grosse, tu connais la chanson,
Mais eux ne connaissent pas la raison,
A l'école,dès la cour de récréation,
Ils disent que tu manges comme un cochon,
Te voici mise au ban de cette société,
Sans une seule voix pour t'aider.
Ils emploient des mots de remplacement,
Pour venir t'insulter plus poliment,
Tu n'es pas grosse, juste un peu ronde,
Plus enveloppée que tout le monde.
Mais tu connais bien leur rengaine,
Ils parlent intégration et tolérence,
En te refusant d'entrer dans la danse.
Souvent le soir tu as le cœur gros,
On te méprise même au boulot,
Et tu rêves souvent qu'un jour,
Tu croiseras un regard d'amour,
Que cesseront enfin les blâmes,
Devant la beauté de ton âme.

Claude Lepenseur novembre 2013

vendredi 16 juin 2017

HIER ENCORE


Hier encore, j’avais mes vingt ans,
Je parcourais la vie à pas de géant,
De mon avenir, j’en étais confiant,
Je ne voyais pas défiler le temps.
Hier encore, j’avais mes vingt ans,
Je n’imaginais pas que tous ses tourments,
Aléas de la vie et mauvais moments,
Useraient mon corps au fil des ans.
Aujourd’hui, je n’ai plus vingt ans,
Ce que j’ai construit est dans le néant,
Il me reste encore mon âme d’enfant,
Jetant un regard sur le temps présent.
Hier encore, j’avais mes vingt ans,
Dans ma vie tu es venue maintenant,
Et mon avenir redevient souriant,
Près de toi, je retrouve mes vingt ans.
Aujourd’hui, j’ai de nouveau vingt ans
L’amour transforme, ce monde charmant,
Je t’aime princesse, je t’aime maintenant,
Je t’aime princesse, et c'est pour longtemps.

Claude Lepenseur juillet 2010

mercredi 14 juin 2017

QUI EST RESPONSABLE?


Qui l’a envoyé dans le décor?
Qui est responsable et pourquoi est-il mort?
Ce n'est pas moi, non, ce n’est pas moi,
Ne me montrez pas du doigt.
Bien sûr, j'aurais peut-être pu l'éviter,
Si j’avais pris la route sans picoler,
J’aurais pu aussi me reposer,
Pour la plage, je n’étais pas si pressé,
Mes vacances sont maintenant compromises,
On me dit responsable de cette vie,
Mais ce n'est pas moi qui l'ai tué,
Vous ne pouvez pas m'accuser!
Qui l’a envoyé dans le décor?
Qui est responsable et pourquoi est-il mort?
Ce n’est pas nous, disent les témoins,
Nous vous savez on n’est pas du coin,
On ne savait pas qui appeler,
Sa voiture c’est enflammée,
On a eu peur de s’en approcher,
C’était plus simple de regarder.
Ce n'est pas nous qui l'avons tué,
Vous ne pouvez pas nous accuser!
Qui l’a envoyé dans le décor?
Qui est responsable et pourquoi est-il mort?
Ce n'est pas moi, dit le journaliste de la Tribune
J’ai juste tapé mon papier pour la Une.
Je dois publier des photos chocs, tu sais,
On sait que la route c’est plein de dangers.
Le macabre nous assure le tirage,
Je dois réussir la première page,
Ne dites pas que cette vie je m’en fou,
C’est le destin qui pilote tout.
Création d’après le texte « Qui a tué Davy Moore ? »  Ecrit par Bob Dylan et interprétée par Graeme ALLWRIGHT

S'il vous plait, soyez prudents pour vous, pour vos enfants, pour nous tous!