vendredi 11 janvier 2019

LE MOI

Le moi est haïssable, pure illusion de l'imagination, il est une passion abusant autrui autant que nous-mêmes. L'amour-propre pousse les hommes à paraître plutôt qu'à être, à rêver leur vie plutôt qu'à la vivre.
Nous avons tous une dose de narcissisme, la prochaine fois que quelqu'un nous en fera le reproche, répondons-lui avec Blaise Pascal que le nombrilisme est la chose au monde la mieux partagée. Cette habitude, qui consiste à se préférer soi-même à toute autre, n'épargne personne, y compris ceux qui se donnent l'air de la générosité et du désintéressement. Si le moi est haïssable, c'est que le monde est peuplé de milliards de « moi » qui veulent chacun se faire le centre de tout. Il en résulte que chaque moi est l'ennemi et voudrait être le dominateur de tous les autres.
Quelle est la racine de cette passion tyrannique ? La paresse, répond Blaise Pascal, qui montre qu'il est plus aisé de paraître que d'être. Aux exigences de la raison, les hommes préfèrent les séductions faciles de l'imagination. Quand la quête du vrai nous rebute, nous nous satisfaisons du confort qu'offre le vraisemblable. Cette toile de mensonges rassurants mystifie peu à peu notre conscience au point que nous confondons tout, le vrai et le faux, le profond et le superficiel. Nous sommes pris au piège, prisonniers dans notre bocal, les images se donnent pour des réalités et les sentiments pour des convictions. Dans ce mirage, nous ne savons plus où est notre moi profond. Reine des faux-semblants, l'imagination nous rend invisibles à nous-mêmes autant qu'impénétrables aux autres, la vie humaine n'est qu'une illusion perpétuelle, on ne fait que se tromper et se flatter. Vaine comédie, dans laquelle chacun joue un rôle de composition sans en maîtriser le texte. Farce grotesque, pour satisfaire notre moi, nous tentons de démontrer que nous accumulons fortune, réputation, honneurs, pour nous masquer notre petitesse. Confondu par notre propre imposture, nous n'avons alors d'autre issue que l'engrenage narcissique, faire de nous-même notre propre idole, rayonner dans tout l'univers. Nous sommes si présomptueux que nous voudrions être connus de toute la terre. L'amour propre nous éloigne de nous-mêmes, et d'autrui.
Mais lorsque le rideau tombe, que la lumière s'éteint et que le théâtre se vide, le moi est nu et Narcisse, isolé dans sa bouteille, tragiquement seul.

lundi 31 décembre 2018

RECHERCHE DU BONHEUR


On se persuade souvent soi-même que la vie sera meilleure après s'être marié, après avoir eu un enfant, et ensuite, après en avoir eu un autre. Plus tard, on se sent frustré, parce que nos enfants ne sont pas encore assez grands et on pense que l'on sera mieux quand ils le seront. On est alors convaincu que l'on sera plus heureux quand ils auront passé cette étape. On se dit que notre vie sera complète quand les choses iront mieux pour notre conjoint, quand on possédera une plus belle voiture ou une plus grande maison, quand on pourra aller en vacances, quand on sera à la retraite.
La vérité est qu'il n'y a pas de meilleur moment pour être heureux que le moment présent. Si ce n'est pas maintenant, quand serait-ce? La vie sera toujours pleine de défis à atteindre et de projets à terminer. Il est préférable de l'admettre et de décider d'être heureux maintenant qu'il est encore temps.
Pendant longtemps, j'ai pensé que ma vie allait enfin commencer, La vraie vie! 'Mais il y avait toujours un obstacle sur le chemin, un problème qu'il fallait résoudre en premier, un thème non terminé, un temps à passer, une dette à payer. Et alors la vie allait commencer ! Jusqu'à ce que je me rende compte que ces obstacles étaient justement ma vie. Cette perspective m'a aidé à comprendre qu'il n'y a pas un chemin qui mène au bonheur. Le bonheur est le chemin. Ainsi passe chaque moment que nous avons et plus encore: quand on partage ce moment avec quelqu'un de spécial, suffisamment spécial pour partager notre temps et, que l'on se rappelle que le temps n'attend pas. Alors, il faut arrêter d'attendre de terminer ses études, d'augmenter son salaire, de se marier, d'avoir des enfants, que ses enfants partent de la maison ou, simplement, le vendredi soir, le dimanche matin, le printemps, l'été, l'automne ou l'hiver, pour décider qu'il n'y a pas de meilleur moment que maintenant pour être heureux. On court après le bonheur, on en oublie d'être heureux,
LE BONHEUR EST UNE TRAJECTOIRE ET NON PAS UNE DESTINATION !
Il n'en faut pas beaucoup pour être heureux. Il suffit juste d'apprécier chaque petit moment et de le sacrer comme l'un des meilleurs moments de sa vie.

mardi 18 décembre 2018

FIN DE FAIM


Qu'importe à cet homme que la faim tenaille,
Que la Saturne soit ronde ou Mars habité,
Toutes les planètes peuvent livrer leurs entrailles,
Ce n’est pas cela qui lui donnera à manger.
Il n’est pas acceptable, au siècle ou nous vivons,
De voir la faim tuer, chaque jour davantage,
De laisser faire sans rien dire, alors que nous savons,
Non il n’est plus possible d’assister au carnage.
Message à tous les hommes, habitants de la terre,
Cessons donc enfin de nous quereller pour rien,
Bannissons à jamais, le nom maudit de guerre,
Ne gaspillons plus, si ce n’est pas pour le bien.
Il faut bien s’engager contre la misère ici-bas,
Au lieu de s’acharner à domestiquer l’espace,
Allons vers les cœurs qui gémissent tout bas,
Et remettons-y le soleil à sa véritable place.
Apprenons à chacun à s’aimer et se connaître,
A vivre sans tenir compte de la couleur de peau,
Le plus bel univers se voit de l’unique fenêtre,
Qui ne voit pas passer la forme des drapeaux.
Ainsi on verra, races noire, jaune, rouge et blanche,
S’unirent enfin et pour colorer le même ciel,
Bâtir de leurs mains dans un joyeux dimanche,
Avec d’autres couleurs, un nouvel arc-en-ciel.
Claude Lepenseur

lundi 10 décembre 2018

CONNAISSANCE


Le cœur connaît, en silence, les secrets des jours et des nuits, mais les oreilles se languissent d'entendre la voix de la connaissance. Vouloir savoir, avec les mots, ce que nous avons toujours su en pensée. Nous voudrions toucher du doigt le corps nu de nos rêves. La source de notre âme doit jaillir et couler, en chuchotant, pour se révéler à nos yeux, tel un trésor.
Mais il n'y a pas de balance pour peser notre trésor inconnu, nous ne pouvons sonder les profondeurs de notre connaissance avec une jauge, le soi est une mer sans limites ni mesures.
Nous ne trouverons jamais la vérité, nous découvrirons une ou des vérités. De même, nous ne marcherons jamais sur le chemin, nous marcherons sur un chemin parmi d’autres, peut être rencontrerons nous notre âme sur ce chemin, car l'âme marche sur tous les chemins.
L'âme ne marche pas sur une ligne de crête, pas plus qu'elle ne chemine en fond de vallée, l'âme se déplace sur les chemins de la vie, ces chemins sont innombrables.
D'après un texte sur la connaissance de soi de Khalil Gibran

vendredi 7 décembre 2018