jeudi 25 mai 2017

LA TENDRESSE


On peut vivre sans richesse, presque sans un sou,
Des princes et des princesses, Y'en a plus beaucoup.
Mais vivre sans tendresse, on ne le pourrait pas,
Non, même si on le voulait, on ne le pourrait pas.
On peut vivre sans la gloire, qui ne prouve rien,
Etre inconnu dans l'histoire, et s'en trouver bien,
Mais vivre sans tendresse, il n'en est pas question,
Se priver de tendresse, Il n'en est pas question.
Quelle douce faiblesse, Quel beau sentiment,
Ce besoin de tendresse, qui vient en naissant.
Vraiment, c’est un travail qui est nécessaire,
Même s'il faut rester des jours sans rien faire,
Eh bien on s'y fait, mais vivre sans tendresse,
Sans en connaître ni le goût ni l’ivresse,
Mon dieu que Le temps paraîtrait long,
Oui que le temps nous paraîtrait long.
Dans le feu de la jeunesse, naissent les plaisirs,
L'amour fait des prouesses, pour nous éblouir,
Oui mais sans la tendresse, l'amour ne serait rien,
Je le répète sans cesse, l'amour ne serait rien.
Quand la vie impitoyable, nous tombe dessus,
On n'est plus qu'un pauvre diable, broyé et déçu,
Alors sans la tendresse, d'un cœur qui nous soutient,
Même avec maladresse, on n'irait pas bien loin.
Mon Dieu, dans votre sagesse, dans votre ferveur,
Faites pleuvoir sans cesse, au fond de nos cœurs,
Des torrents de tendresse, pour que règne l'amour,
Pour que règne l'amour, jusqu'à la fin des jours.

création d'après la chanson de Bourvil, "la tendresse"


mardi 23 mai 2017

J'OBSERVE CE MONDE


Depuis plus d’un siècle, j’observe ce monde,
Gesticulant sans cesse, invitant dans la ronde,
Ce monde qui ne vit plus que par procuration,
Ceux qui font de la fortune leur seule religion.
J’ai cent vingt cinq ans, et suis toujours effrayé,
De voir ces nouvelles mœurs, ces êtres exploités,
Pris individuellement, chacun parait charmant,
En parlant en tête à tête on dirait un enfant,
Mais quand ils sont en meute, ce sont des prédateurs,
L’homme dans son milieu, devient froid et sans cœur.
J’ai vu des êtres cupides, versatiles et menteurs,
Pour richesse et notoriété, sacrifier leur honneur,
Ils parlent au nom d’un dieu dont ils ignorent l’essence,
S’appuyant sur des mystères qui n’ont plus aucun sens,
Utilisant peur et superstition pour asseoir leur pouvoir,
Ils maintiennent les peuples constamment dans le noir.
Chacun reprend à son compte les belles phrases d’un autre,
Peut être pour se persuader qu’il est devenu le bon apôtre,
Cent vingt cinq ans que j’observe la folie de ce monde,
Et ils sont plus nombreux ceux qui entrent dans la ronde.
J’ai vu défiler toute une vie, il sera bientôt l’heure de partir,
Mon cœur est troublé, mais je n’ai pas peur de mourir,
L’homme prétentieux pense forcer son destin,
Inexorablement, il avance vers sa propre fin.

samedi 20 mai 2017

UN AMI


Un ami c’est précieux pour surmonter l’obstacle,
Lorsque la messe est dite, et finit le spectacle,
Il est alors présent tout comme un chien fidèle,
Supportant tes humeurs et ton esprit rebelle,
Là pour panser tes plaies, calmer ta douleur,
Et te réconforter quand tu as mal au cœur.
Un ami, c’est celui qui te dit sans ambages,
Les mots justes qu'il faut, pour redevenir sage,
Il te tend la main, pour te ramener sur la rive,
Quand ton esprit chavire et part à la dérive.
Il ne dit pas les mots que tu voudrais entendre,
Ne se prêtant jamais, à la flagornerie,
Ni ne te gargarisera de vile flatterie,
Car ce n’est pas son rôle, il faudra t'y attendre.
Un ami, c’est celui qui console et qui souffre,
Si ton âme se perd et penche au bord du gouffre,
Il sait être discret, mérite ta confiance,
Car il possède en lui des trésors d’indulgence,
De sa fidélité, jamais, il ne se dément,
Dans la peine ou la joie il est omniprésent.

Claude Lepenseur juin 2010


jeudi 18 mai 2017

ÉVOLUTION


Je ne suis qu'un pauvre étranger,
Dans ce pays que je croyais mien,
Je n'ai plus rien, plus un repère,
Pour me guider sur mon chemin.

Je revois encore cette clairière,
Où je m'allongeais sous un sapin,
A quelque mètres coulait une rivière,
Elle m'endormait, je me sentais bien.

Mais un jour la ville s'est agrandie,
D'un peu partout prit l'espace libre,
Ma petite clairière fut engloutie,
Ainsi fut rompu le fragile équilibre.

Me voici revenu en terre étrangère,
Plus de clairière, plus de sapin,
Quand je découvre la pauvre rivière,
En moi surgit un grand chagrin.

Le temps s'en va, le temps passe,
On reste toujours lié à notre enfance,
C'est quand les souvenirs s'effacent,
Qu'enfin se réveillent nos consciences.

Claude Lepenseur février 2014

mardi 16 mai 2017

SNIPER


Tu es palestinien, juif ou arménien,
Tu es blanc, noir ou même alsacien,
Derrière ta fenêtre au dixième étage,
Tu vois ces gens en bas, ils sont sans âge.
Dans ton viseur, tu les vois tous défiler,
Le doigt sur la gâchette, tu es prêt à tirer,
Bombe humaine dans une autre vie,
Tu es sniper juste pour aujourd’hui.
Tu es fils de la haine, bestiale et inhumaine,
Tu te sens bafoué, le reste de la semaine,
Ce soir un innocent de sa vie va payer,
L’ordre est sans appel, tu es déterminé.
Cette fois tu vas tirer, je suis dans ton viseur,
Tu ne tremble pas, tu n’as même pas peur,
Tu tiens dans ton viseur la somme de tes erreurs,
Tu es sur de ton fait, tu laves ton honneur.
Le coup vient de partir, ma tête a éclaté,
Ton sale travail est fait, tu as bien mérité,
Tu vas rentrer chez toi sans être inquiété,
Embrasser tes enfants, leur donner à manger.

Claude Lepenseur octobre 2008