dimanche 11 novembre 2018

ASSEMBLÉE NATIONALE 9 JUILLET 1849

Alors que la misère est toujours de ce monde et que certains continuent de mourir sous les décombres de leurs logements délabrés, voici un texte ancien mais toujours d’actualité. On le doit au célèbre Victor Hugo… et il serait bon de ne point l’oublier.
Je ne suis pas, messieurs, de ceux qui croient qu'on peut supprimer la souffrance en ce monde ; la souffrance est une loi divine ; mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu'on peut détruire la misère.
Remarquez-le bien, messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n'est pas fait, le devoir n'est pas rempli.
La misère, messieurs, j'aborde ici le vif de la question, voulez-vous savoir jusqu'où elle est, la misère ? Voulez-vous savoir jusqu'où elle peut aller, jusqu'où elle va, je ne dis pas en Irlande, je ne dis pas au Moyen Âge, je dis en France, je dis à Paris, et au temps où nous vivons ? Voulez-vous des faits ?
Il y a dans Paris, dans ces faubourgs de Paris que le vent de l'émeute soulevait naguère si aisément, il y a des rues, des maisons, des cloaques, où des familles, des familles entières, vivent pêle-mêle, hommes, femmes, jeunes filles, enfants, n'ayant pour lits, n'ayant pour couvertures, j'ai presque dit pour vêtement, que des monceaux infects de chiffons en fermentation, ramassés dans la fange du coin des bornes, espèce de fumier des villes, où des créatures s'enfouissent toutes vivantes pour échapper au froid de l'hiver.
Voilà un fait. En voulez-vous d'autres ? Ces jours-ci, un homme, mon Dieu, un malheureux homme de lettres, car la misère n'épargne pas plus les professions libérales que les professions manuelles, un malheureux homme est mort de faim, mort de faim à la lettre, et l'on a constaté, après sa mort, qu'il n'avait pas mangé depuis six jours.
Voulez-vous quelque chose de plus douloureux encore ? Le mois passé, pendant la recrudescence du choléra, on a trouvé une mère et ses quatre enfants qui cherchaient leur nourriture dans les débris immondes et pestilentiels des charniers de Montfaucon !
Eh bien, messieurs, je dis que ce sont là des choses qui ne doivent pas être ; je dis que la société doit dépenser toute sa force, toute sa sollicitude, toute son intelligence, toute sa volonté, pour que de telles choses ne soient pas ! Je dis que de tels faits, dans un pays civilisé, engagent la conscience de la société tout entière ; que je m'en sens, moi qui parle, complice et solidaire, et que de tels faits ne sont pas seulement des torts envers l'homme, que ce sont des crimes envers Dieu !
Vous n'avez rien fait, j'insiste sur ce point, tant que l'ordre matériel raffermi n'a point pour base l'ordre moral consolidé !

Pourvu que ces mots guident un jour l’action des politiques et, plus largement, l’action de tous les gens de pouvoir. L’humanité le mérite.

lundi 5 novembre 2018

IL NE RESTE


Il ne reste que quelques minutes à ma vie, tout au plus quelques heures,
J’essaie d’avancer, mais je sens que je faiblis, je sens que je me meurs.
Mon frère est mort hier matin, épuisé au milieu du désert,
Je suis maintenant le dernier homme vivant sur cette terre.
On m'a expliqué jadis, quand je n’étais qu’un enfant,
A quoi ressemblait le monde il y a très longtemps,
Quand vivaient les parents de mon arrière grand-père,
Et que l’on pouvait voir encore de la neige en hiver.
Il était si doux de vivre au rythme des saisons,
Et à chaque fin des étés, se déroulait la moisson.
Une eau pure et limpide coulait dans les ruisseaux,
Où venaient s'abreuver toutes sortes d’animaux.
Mais moi je n'ai connu qu'une planète désolante,
Avec ses paysages lunaires et une chaleur suffocante,
J’ai vu tous mes amis, mes frères, mourir de soif ou de faim,
Tomber comme les mouches, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien.
Les peuples avaient compris le danger imminent,
Mais les décisions appartenaient aux dirigeants,
Et ces hommes là, ne reculant devant rien,
Étaient prêt à tout pour arriver à leurs fins.
Pour s'enrichir encore ils ont rasé la terre,
Pollué l'air ambiant, et tari les rivières.
Mais au fil du temps, des gens se sont levés,
Ils les ont avertis qu'il fallait tout stopper.
Mais ils n'ont pas compris cette sage prophétie,
Ces hommes-là ne parlaient qu'en termes de profits.
C'est des années plus tard qu'ils ont vu le non-sens,
Et dans la panique ils ont déclaré l'état d'urgence,
Déjà tous les océans avaient englouti les îles,
Et les inondations frappés les grandes villes.
Et par la suite pendant toute une décennie,
Ce furent les ouragans et puis les incendies,
Les tremblements de terre et la grande sécheresse,
Partout sur les visages ont pouvait lire la détresse.
Les gens devaient se battre contre les pandémies,
Décimés par millions par d'atroces maladies,
Puis les autres sont morts par la soif ou la faim,
Tombant comme les mouches, il ni avait plus rien.
Mon frère est mort hier matin, épuisé, au milieu du désert,
Je suis maintenant le dernier homme vivant sur la terre.
Au fond l'intelligence qu'on nous avait donnée,
N'aura été qu'un beau cadeau empoisonné.
Car il ne reste que quelques minutes à ma triste vie,
Tout au plus quelques heures, je sens que je faiblis,
Je ne peux plus marcher, j'ai peine à respirer,
Je vais tomber, alors adieu l'humanité.
Texte d’après une chanson des cowboys fringants

lundi 29 octobre 2018

PENSÉES


Je pense souvent à ceux,
Que l'on chasse de chez eux,
Et qui meurent peu à peu,
Comme de pauvres miséreux.

Celui-là quitte son logis,
Expulsé par un huissier,
C'est tout juste si on lui dit,
Que c'est pour un retard de loyer.
Et c'est enfant de Gaza,
Qui n'a pas vu la bombe,
Qui, parce-qu’il reste là,
Lui a creusé sa tombe.
Quoi qu'ils fassent,
Ils ne peuvent rien faire,
Ils attendent que ça passe,
On leur refuse une terre.

On leur dit c'est provisoire,
Le campement c'est pour ce soir,
Mais le lendemain matin,
Souvent il faut reprendre le chemin.
Ou que l'on soit dans ce monde,
De l'Ukraine ou de l'Afrique,
D'un fusil ou d'une bombe,
On meurt même par un moustique.
Mis à terre par ébola,
Par une bombe ou la faim,
Le monde fait peu de cas,
De nos frères humains.

Je pense souvent à ceux,
Que l'on chasse de chez eux,
Et qui meurent peu à peu,
Comme de pauvres miséreux.
Claude Lepenseur 

jeudi 25 octobre 2018

ILLUMINER L'INSTANT


Un chant vient illuminer l'instant,
Et la fleur peut ranimer un rêve,
C'est l'oiseau qui annonce le printemps,
C'est la mer qui vient battre la grève.
Avec l'arbre on construit la forêt,
Mais on peut faire aussi sa maison,
Un sourire, une main pour offrir l'amitié,
La refuser serait perdre la raison.
Un grand voyage commence par un pas,
Une prière s'engage sur un mot,
Car après tout, que l'on croit ou ne croit pas,
Croire à l'amour, ce n'est pas être sot.
Pour que le rire triomphe de la tristesse,
Un petit mot peut faire la différence,
Le cœur qui parle toujours avec sagesse,
Prendra la joie comme une récompense.
Claude Lepenseur octobre 2012

samedi 20 octobre 2018

VIVRE SA VIE


Le bon sens nous montre que la vie est très courte, et qu’il serait mieux de faire de ce court passage sur terre, quelque chose d’utile pour soi et pour les autres.
En tant qu’humains, nous avons tous le même potentiel. Les hommes ont non seulement le pouvoir de rendre leur propre vie heureuse, mais aussi celui d’aider les autres dans leur quête du bonheur. On ne peut être utile à soi sans l’être aux autres. Que nous le voulions ou pas, nous sommes tous liés, et il est inconcevable de ne réussir que son propre bonheur. Celui qui ne se préoccupe que de lui, finit dans la souffrance.
Nous ne distinguons pas entre l’essentiel et l’accessoire. Nous sommes prêts à tout pour amasser et défendre des possessions qui ne sont ni durables, ni de véritables sources de bonheur. Notre esprit est habité par la colère, la jalousie et d’autres sentiments négatifs, ces sentiments sont incompatibles avec la joie et la paix intérieure. Utilisons notre intelligence à bon escient. Cultivons les qualités humaines que nous possédons tous. Cultivons l’amour et la compassion, le reste n’est qu’accessoire. Être bon, franc, avoir des pensées positives, pardonner à ceux qui nous ont fait du tort, traiter chacun comme un ami, secourir ceux qui souffrent et ne jamais se prendre pour supérieur aux autres, même si cela nous parait trop simple, prenons la peine de voir si leur application nous rend plus heureux. Les humains ont la capacité de réfléchir. Faisons en bon usage.
Le plaisir et la souffrance reposent sur les perceptions sensorielles et la satisfaction intérieure, qui est propre aux humains. Cette satisfaction est caractérisée par la paix. Elle prend sa source dans la générosité, l’honnêteté et ce que nous appelons le comportement moral.
Une grande partie de nos souffrances viennent de ce que nous avons trop de pensées. En même temps, nous ne pensons pas de manière saine. Nous ne prêtons intérêt qu’à notre satisfaction immédiate, sans mesurer à long terme les avantages et les inconvénients pour nous-mêmes ou pour les autres.
Certaines souffrances, comme celles de la naissance, de la maladie, de la vieillesse et de la mort, sont inévitables. La seule chose que nous pouvons faire, c’est réduire la peur qu’elles provoquent en nous. Si nous ne réfléchissons pas correctement, si notre vue est trop courte, nos méthodes sans profondeur, et si nous ne considérons pas les choses l’esprit ouvert et détendu, nous transformons en difficultés majeures ce qui n’était au départ que des problèmes insignifiants. En d’autres termes, nous fabriquons un grand nombre de nos propres souffrances.
Texte tiré d'après une méditation du Dalaï Lama